Mieux comprendre l’adaptation psychosociale des jeunes hospitalisés en raison de troubles mentaux : hétérogénéité des portraits, facteurs associés et enjeux percus
Résumé
Malgré des efforts de rationalisation importants et un accent mis sur les ressources de la communauté, les hospitalisations de jeunes en raison de troubles mentaux ont drastiquement augmenté au Canada au cours des dernières décennies. Les jeunes hospitalisés en raison de troubles mentaux sont particulièrement à risque d’éprouver des difficultés d’adaptation psychosociale pouvant affecter négativement leur développement à long terme. Ceci s’expliquerait en partie par la sévérité et la complexité de leurs symptômes et dysfonctions, mais également par les impacts potentiellement néfastes de l’hospitalisation elle-même sur leur cheminement personnel et socio-occupationnel. La transition vers le milieu de vie naturel et les services de la communauté qui suit l’hospitalisation psychiatrique est en soi conçue comme une période de vulnérabilité accrue pour ces jeunes, mais très peu d’études et d’initiatives concrètes s’y sont spécifiquement attardées. Le présent projet vise à mieux comprendre les facteurs personnels et environnementaux qui influencent l’adaptation psychosociale d’adolescent.e.s à la suite d’une hospitalisation en raison de troubles mentaux, ainsi que les enjeux perçus relativement à la transition post-hospitalisation. Pour se faire, nous recruterons des jeunes âgés entre 14 et 18 ans lors d’un séjour en unité d’hospitalisation psychiatrique et suivrons leur évolution pendant la période de transition post-hospitalisation. Afin de capter des réalités diversifiées, nous recruterons ces jeunes à même un grand centre hospitalier métropolitain et deux hôpitaux situés dans des centres de population plus modestes, chargés de l’offre de services spécialisés sur de larges territoires peu urbanisés. Selon des méthodes mixtes, nous triangulerons des données quantitatives et qualitatives recueillies à l’aide de trois stratégies complémentaires, soient des questionnaires standardisés et validés, des entretiens semi-structurés et la consultation des dossiers d’hospitalisation. Nous accorderons un poids prépondérant à la perspective des jeunes eux-mêmes et inclurons également celle de leurs parents, jusqu’ici rarement documentée dans ce champ d’étude malgré la centralité de leur rôle dans le bien-être et l’adaptation des jeunes. Peu avant la fin de l’hospitalisation, de même qu’environ un mois et six mois après, nous documenterons le bien-être psychologique, le fonctionnement socio-occupationnel et le rétablissement personnel des jeunes, de même que les principaux enjeux anticipés et rencontrés relativement à la transition post-hospitalisation. Aux mêmes trois moments, nous documenterons également divers facteurs personnels et environnementaux présumément associés à la qualité de l’adaptation des jeunes pendant la période de transition post-hospitalisation, soient leurs caractéristiques sociodémographiques et cliniques, la planification de la transition, le soutien social perçu et l’accès à des activités vocationnelles flexibles et adaptées. Des analyses quantitatives de covariance à mesures répétées et des analyses qualitatives thématiques, dont nous intégrerons les résultats lors de l’interprétation, nous permettront de décrire de manière riche et nuancée l’évolution de l’adaptation psychosociale des jeunes de l’échantillon pendant la période de transition post-hospitalisation et de la mettre en relation avec les facteurs étudiés. Ainsi, cette étude permettra de mieux comprendre ce qui favorise et défavorise le bien-être et le fonctionnement socio-occupationnel des jeunes à la suite d’une hospitalisation en raison de troubles mentaux. En plus de contribuer aux connaissances fondamentales, cela servira à guider l’élaboration de stratégies de soutien plus adaptées et efficaces et à en accompagner l’adoption par les milieux de pratique.
