Appel à communications – Comprendre, saisir et mobiliser les émotions en travail social

Revue Intervention - Numéro 154 à paraître à l'automne 2021 - date limite résumés 16 novembre 2020 - tombé articles 5 avril 2021
22 octobre 2020

Date de tombée des résumés (350 mots maximum) : 16 novembre 2020
Date de tombée des articles : 5 avril 2021
Courriel revue.intervention@otstcfq.org

Quelle place pour les émotions?

« Penser n’est pas la seule façon de savoir; ce n’est pas la seule forme d’intelligence » (notre traduction) (Kabat-Zinn, 2020 – en réponse à la pandémie de COVID-19). Autrement dit, la connaissance profonde engage les sens, les émotions et une profonde reconnaissance de l’interdépendance. Cependant, de nombreux chercheurs s’accordent pour dire que les émotions ont été emportées dans les coulisses du raisonnement, les rationalités étant jugées plus précieuses pour construire les savoirs dignes de la science (Gilligan, 1982; Jaggar, 1989; Nussbaum, 2015; Tronto, 1993).

Du côté du travail social, il semble également que cette pensée rationnelle, au détriment de la pensée émotionnelle, ait pris le pas. Rappelons que le travail social est une discipline et une profession où les émotions ont un rôle à jouer. Basé sur la compassion (Hughes, 2017) tout en étant un métier relationnel (Ingram et Smith, 2018), le travail social s’engage à lutter contre les injustices sociales dans le but de produire des changements sociaux et d’améliorer le bien-être des personnes (Fédération internationale des travailleurs sociaux, 2014). Par ailleurs, dans leur travail, les travailleuses sociales[1] mettent à profit leurs savoirs, savoir-être et savoir-faire, qui sont construits, en partie, par des processus affectifs. À cet effet, Cook (2017) nous fait part du rôle non négligeable de l’intuition et des émotions des travailleuses sociales lors d’une première visite à domicile lorsqu’il s’agit de poser les bonnes questions, d’emprunter la bonne voie, avant de faire un compte rendu rationnel et factuel. Pour sa part, Ruch (2005; 2012) nous invite à reconceptualiser non seulement les personnes avec qui nous travaillons, mais aussi à nous reconceptualiser en tant qu’êtres émotionnels, avec des savoirs expérientiels, imbibés de situations complexes et imprévisibles.

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Emmanuelle Khoury

Professeure, École de travail social, Université de Sherbrooke